Vagabondages de Lajos Kassák

« Nous philosophions absurdement, et la vie autour de nous déferlait. »

Qui n’a jamais rêvé de tout plaquer pour prendre la route ? Nous sommes en 1909, Lajos Kassák a 22 ans et plus d’une raison d’y songer. Partout en Europe, une effervescence artistique et révolutionnaire fait trembler l’ancien monde sur ses bases… et le jeune Hongrois a bien l’intention de prendre part à la mêlée. Sur un coup de tête, il décide de quitter Budapest pour rallier à pied l’épicentre de l’agitation : Paris. C’est le point de départ d’une odyssée picaresque et libertaire qui le mènera d’un bout à l’autre du continent. En chemin, il croisera la route de l’écrivain anarchiste Emil Szittya, avec qui il s’initiera raffinements et aux combines de la vie de bohème. Les tribulations des deux amis sont une cascade de situations burlesques et de dialogues truculents dont l’humour n’a rien perdu de son mordant. Ode iconoclaste à l’oisiveté, Vagabondages est un anti-roman d’apprentissage où l’on s’instruit, littéralement, dans l’art de ne rien faire. Une pépite oubliée de la littérature hobo, à ranger d’urgence entre Kerouac et le Jack London des Vagabonds du rail.

Lajos Kassák

Poète, peintre et théoricien hongrois d’avant-garde, Lajos Kassák (1887-1967) se revendiqua toute sa vie comme un artiste prolétaire. Proche des dadaïstes et des surréalistes, cet autodidacte fut aussi le mentor du photographe Robert Capa. Sa liberté de parole lui valut d’être plusieurs fois exilé, emprisonné et censuré par les autorités de son pays. Initialement publié en 1927, Vagabondages paraît aujourd’hui en France pour la première fois.

 

Séguier, 2020
Traduit par Roger Richard

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