SZABÓ, Magda

1917, Debrecen – 2007, Budapest

Issue d’une famille très cultivée, elle étudie la philologie classique et la littérature à Debrecen. Elle se fait d’abord connaître comme poète proche du groupe de Újhold, exprimant dans ses premiers textes l’horreur de la guerre et les questions morales que pose la reprise d’une vie « normale », mais elle est bientôt interdite de publication, de 1949 à 1958. Elle acquiert ensuite une célébrité mondiale avec les romans écrits pendant cette période de silence contraint. D’un réalisme très subjectif, ayant recours au monologue intérieur et à l’alternance des points de vue au service d’une analyse psychologique minutieuse et nuancée, ces romans évoquent les répercussions dans les trajectoires personnelles et les histoires familiales des conflits historiques, mais aussi l’écart entre les générations ou les rôles sociaux et les passions refoulées, créant un univers romanesque parfois qualifié de « féroce et doux ». Republiée et retraduite suite au prix Fémina
qu’elle obtint pour La Porte en 2003, on découvre l’oeuvre de Magda Szabó dans sa diversité, du collage autobiographique et poétique évoquant l’enfance dans Le Vieux puits (Ókút, 1970) à La Créüside, « détournement virtuose mais non gratuit » de l’Enéide de Virgile, réflexion sur les mythes, les héros et le roman, genre dégradé de l’épopée, mais aussi nouveau et mémorable portrait de femme dans l’oeuvre de l’écrivaine.

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