Comme des rats morts de Benedek Totth

2017.11.13.

Actes Sud, 2017
traduit par Charles Zaremba et Natalia Zaremba-Huzsvai

Ils fréquentent le même lycée et ont les mêmes passe-temps : la natation, les jeux vidéo, le sexe, l’alcool, la drogue… Quand ils ne sont pas à la piscine en train de s’entraîner, ils se murgent chez l’un ou l’autre, fument joint sur joint, enchaînent les parties de GTA, matent des pornos et se tapent leurs copines. Et puis il y a les virées. Ce soir-là, ils avaient coché toutes les mauvaises cases : une voiture “empruntée”, l’aiguille dans le rouge au compteur, les pupilles explosées. Ils tuent un cycliste en rase campagne. Ça flippe pas mal pendant quelques jours, et puis les choses reprennent leur cours.

Un peu bêtement, mais c’est l’âge, ils se figurent que la nouveauté est le meilleur remède contre l’ennui. Alors quand ils en ont marre de l’herbe, ils pilent des cachets de toutes les couleurs pour voir ce que ça fait ; quand le porno classique ne suffit plus, il se tournent vers le bizarre ; et quand ils ont épuisé leur stock de vannes sur le souffre-douleur de la bande, ils passent aux coups. De là à faire le projet de le tuer, il n’y aura plus qu’un pas.

Portrait désespérant de justesse d’une certaine adolescence contemporaine, Comme des rats morts est un roman noir sombre et brillantissime. Une sorte de Trainspotting à la piscine. Un choc.

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