Seul l’assassin est innocent de Júlia Székely 

2015.03.18.

Phébus, 2015 (mai)
Traduit par Sophie Képès

Une journée. Un lieu. Un meurtre. Et cette horloge qui égrène les heures, rythme l’intrigue et voit passer les membres tourmentés d’une famille désunie comme autant de présumés coupables : un père malheureux, joueur compulsif ; une mère infantile et narcissique ; un petit frère négligé, mal aimé et gorgé de ressentiment ; une adolescente révoltée, véritable Lolita, et son amoureux révolutionnaire, le fils du gardien. Ajoutons enfin la victime, l’amant de la mère et ami d’enfance du père, et le policier chargé de l’enquête, lui-même auteur de romans policiers.

Tension dramatique, huis-clos étouffant, Júlia Székely saisit de sa plume les mécanismes de l’inconscient, la théâtralité des événements et l’atmosphère oppressante des lieux et fait de ce thriller psychologique d’une impitoyable ironie une histoire foncièrement immorale, dont les personnages font penser à ceux croisés dans Rue de la Chimère et le décor à ceux, ténébreux, des romans de Dostoïevski. 

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