9 kg, Récit sur le 119e psaume de Zsuzsa Selyem

2012.02.07.

Jacques André Editeur
Traduction : Emőke Simon

Dans ce récit abrupt, Zsuzsa Selyem énumère sans concession les failles de la condition à la fois insipide et bouleversée de la communauté magyare en Transylvanie, écartelée entre Roumanie et Hongrie. Anja, plus intelligente qu’Emma Bovary, plus solide qu’Anna Karénine, vit avec sincérité et douleur une invraisemblable relation avec un trop jeune homme. Amoureux chacun à sa manière, le garçon inconséquent prend progressivement du poids et de la tristesse, et la femme mûre va entrer, au terme d’une métamorphose inquiétante, en possession d’elle-même.

La vibration du récit provient de la relation pendulaire entre Kolozsvár (Cluj-Napoca) et Budapest, des rencontres aléatoires et décevantes, striées de débats intérieurs et de dialogues râpeux par lesquels des personnages désabusés tentent de surmonter leurs déceptions.

Le 119e psaume parlait de l’amour passionné pour la loi reçue et acceptée. Ce récit nous propose une version contextualisée de notre rapport à la loi et à l’amour, à la religion, mais aussi de nos rapports à l’autre, à la discrimination, à l’infini.

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