« Danse sur la corde »
de Frigyes Karinthy

2010.03.19.

Traduit du hongrois par Françoise Jarcsek-Gál
Editions Cambourakis

 

304 pages
Prix : 12 euros
Date de parution : mars 2010
ISBN : 9782916589305

Danse sur la corde

Fiction échevelée, roman d’un onirisme luxuriant, foisonnant de personnages, il serait bien difficile de résumer Danse sur la corde. Ainsi le guérisseur et hypnotiseur Rudolf Jellen, le spirite Darman, le dictateur Raganza, apparaissent tour à tour, avatars d’un seul héros à l’identité changeante. Plus fuyantes encore, plus insaisissables, les figures féminines qui traversent le livre, séductrices ou maternelles, innommées, nimbées d’une blancheur symbolique, femmes-papillons, sorties de chrysalides, semblent surgir d’un monde fantasmatique archaïque. On se souviendra qu’à l’époque, les recherches freudiennes mettaient en ébullition le petit cercle des écrivains de Nyugat, fréquenté par Karinthy…

Poème monstrueux, Danse sur la corde s’affranchit de la narration rationnelle pour rejoindre la logique du délire et du rêve. L’écriture tangue sur un fil, au risque de la folie : Karinthy signe là un de ses textes les plus audacieux et les plus inventifs, l’un de ses plus brillants certainement.

Frigyes Karinthy
Biographie (1887-1938)

Né le 24 juin 1887 à Budapest et mort le 29 août 1938, écrivain, dramaturge, poète, journaliste et traducteur, il demeure à ce jour l’un des auteurs hongrois les plus importants, au même titre que Dezső Kosztolányi, Gyula Krúdy ou Milán Füst. Les multiples visages de l’écrivain sont tout à la fois celui d’un humoriste, d’un philosophe visionnaire, d’un poète ou d’un journaliste. Le philosophe satirique en quête de vérités humaines essentielles, le ciseleur raffiné des caractères se cachent souvent derrière le visage de l’humoriste ou de l’écrivain de l’absurde, étiquette principale de sa postérité. Inscrite dans l’effervescence culturelle de la « belle époque » austro-hongroise bientôt anéantie par la Première Guerre mondiale, son œuvre reflète l’extrême sagacité de son regard, son insatiabilité de connaissance dans tous les domaines, sciences, psychanalyse, et son goût effectivement inaltérable pour le rire (incarné par sa formule devenue célèbre : « En matière d’humour, je n’admets pas de plaisanterie. ») En 1936, atteint d’une tumeur au cerveau, il est opéré à Stockholm, grâce à une souscription nationale. Il raconte sa maladie dans Voyage autour de mon crâne.


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