Márai Sándor : L'étrangère

2010.11.05.

Traduit du hongrois par Catherine Fay

Albin Michel, Paris, 2010

 

"Il redoutait ce tout petit endroit que sa famille et ses amis lui avaient pourtant dépeint sous des couleurs attrayantes et rassurantes mais qui l’assommait à l’avance. C’est mon destin, pensa-t-il."

Par un jour d’été torride, un homme arrive dans un hôtel d’une petite station balnéaire de la côte dalmate. Il cherche à guérir d’une dépression, et fuit à la fois sa maîtresse qu’il vient de quitter, sa femme, sa fille, ses amis, son travail. Il fuit le questionnement qui le hante : que cherche-t-on, qui se dérobe constamment, derrière le désir, la passion, quel manque insondable aspire-t-on à combler à travers chaque acte de sa vie ? Au terme de quatre jours fiévreux durant lesquels il revit les étapes de son adultère – occasion pour Sándor Márai de stigmatiser avec une ironie mordante les conventions sociales et d’analyser crûment les balancements d’un cœur masculin –, il prend une décision soudaine et folle qui va faire basculer sa vie.

Avec une finesse psychologique toujours aussi troublante, ce récit implacable de la déchéance d’un homme évoque le pouvoir destructeur de la passion amoureuse et s’impose parmi les meilleurs romans de l’auteur des Braises, un des derniers géants littéraires de la Mitteleuropa.

LE MONDE DES LIVRES 04.11.2010
Télérama_20_11_2010

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