19/06/2013

Présentation de livres

Institut hongrois

J'ai vécu si peu d'Eva Heyman (Syrtes, 2013) et Correspondance diplomatique relative à la guerre d’indépendance du prince François II Rákóczi (Honoré Champion, 2012)

J'ai vécu si peu d'Eva Heyman, Editions des Syrtes, 2013
Traduction : Jean Léon Muller


Eva Heyman représente pour Oradea (Nagyvárad) ce que Anne Frank signifie pour Amsterdam. Deux adolescentes juives qui, chacune, ont tenu et gardé un journal, pendant que le monde était en train de changer suite à l’occupation nazie. Les deux sont mortes dans un camp d'extermination, Eva à Auschwitz et Anne à Bergen-Belsen. Pour Eva, les événements se sont précipités et la reconnaissance mondiale a été bien plus réduite. Elle est née à Oradea, en Transylvanie (la Roumanie actuelle, la Hongrie à l’époque), en 1931. Ses parents ont divorcé lorsqu’elle était très jeune et elle a été confiée à ses grands-parents maternels et à sa gouvernante autrichienne. Son père était architecte ; sa mère, Agi, personnage central du journal, s’est remariée avec l’écrivain hongrois Béla Zsolt et a déménagé à Budapest. Le journal commence le 13 février 1944 et s’achève le 30 mai 1944. Il a été sorti en cachette du ghetto d’Oradea dans lequel tous les juifs de la ville ont été rassemblés en mai 1944, par Mariska, la cuisinière hongroise de la famille. En juin 1944, Eva a été déportée. Elle est arrivée à Auschwitz le 6 juin, où elle est morte dans la chambre à gaz le 17 octobre 1944. Elle avait treize ans. Le « petit journal », comme Eva aimait l’appeler, offre des détails pénétrants sur ce que signifiait d’être enfant lorsque les restrictions avaient été renforcées. Il restitue de manière impressionnante le désastre imminent qui allait s’abattre sur des milliers de juifs d’Oradea. Le journal d’Eva Heyman a, avant tout, une valeur documentaire; il a été écrit entre les murs du plus grand ghetto du nord-ouest de la Transylvanie, déclaré comme modèle par les autorités fascistes de Budapest, en raison de la terreur instaurée. Eva ne se limite pas à consigner les événements qu’elle vit mais se remémore ce qui se passait antérieurement, notamment la déportation de son amie Marta, en 1941. On assiste ainsi, d’une certaine manière, aux préliminaires de la solution finale. À treize ans, Eva entend, connaît et se familiarise avec des notions, faits et points de vue que d’autres, bien plus âgés, ignorent. Ses parents sont des intellectuels progressistes et donnent une appréciation lucide de l’évolution de la guerre, ressentent le danger de mort qui les guette. Il ressort de ce texte d’une grande sensibilité, une fillette intelligente, pleine de vie, qui veut et sait se réjouir de la vie, de la beauté des choses, qui aime les gens et a confiance en eux. Mais c’est aussi une adolescente coquette, qui connaît les premiers émois, qui aime la photo, les oiseaux...

Correspondance diplomatique relative à la guerre d’indépendance du prince François II Rákóczi (1703-1711)
Honoré Champion, 2012
Edition de documents établie par Ferenc Tóth

« La Hongrie durant la Guerre d’Indépendance du prince François II Rákóczi (1703-1711) était considérée comme un terrain d’opérations auxiliaires contre l’Empire des Habsbourg pendant la guerre de Succession d’Espagne. La diplomatie française de Louis XIV y soutenait les chefs militaires hongrois. Bien que le mouvement des rebelles hongrois contre l’Empire fût voué à l’échec, la résistance face à l’Armée impériale fut longue et tenace. La diplomatie française encourageait non seulement les opérations anti-autrichiennes, mais considérait aussi les Hongrois comme des acteurs importants dans le vaste système d’alliance de revers de la France en Europe centrale et en Orient qui comprenait l’Empire ottoman, la Pologne et la Suède. Le présent ouvrage contient un recueil de courriers diplomatiques concernant l’époque de la Guerre d’Indépendance de François II Rákóczi. La plupart des documents proviennent des Archives du Ministère français des Affaires Étrangères, et notamment de la série “Correspondance Politique Hongrie et Transylvanie” abondamment utilisée par les historiens, français et hongrois, du sujet. »

 

page précédente