19/03/2013

Chaire tournante
Rencontre avec Olga Granasztói 

Institut hongrois

Lectures et lecteurs libertins en Hongrie dans le dernier tiers du 18e siècle

L’évaluation du libertinage dans le contexte hongrois, indissociable du siècle des Lumières revêt deux aspects : d’une part, « la production libertine » hongroise a certes bien été mise à jour et intégrée à l’histoire littéraire. D’autre part, le second aspect qui analyse l’influence du libertinage français sur le mode de vie des milieux aristocratiques et qui préoccupe depuis longtemps les historiens reste lui bien moins facile à mettre en évidence.

D’un côté, il y a l’idée que le libertinage relevait d’un phénomène de manque en Hongrie, fondé sur la constatation selon laquelle c’est dans l’entourage de quelques privilégiés (quelques aristocrates et intellectuels à tendances éclairées) qu’il faut chercher ceux qui avaient accès à la lecture de la production livresque libertine. Seul un cercle restreint aurait pu se permettre d’organiser le commerce clandestin des livres et était en mesure de s’offrir ce luxe. D’autre part, sans vouloir prouver le contraire, ou suggérer qu’au terme des recherches actuelles l’existence d’un vaste public clandestin ignorée jusqu’alors sera dévoilée, il est déjà tout à fait possible de fournir un image plus nuancée. Le public des ouvrages libertins ne va évidemment jamais prendre une ampleur considérable par rapport à ce que l’on estime aujourd’hui, mais il est plus varié du moins socialement.

Les actes de censure tout comme l’activité des libraires témoignent également de l’importance de la diffusion des ouvrages français interdits, parmi lesquels également des romans libertins en traduction allemande que les recherches jusqu’ici ignoraient complètement. La traduction est en elle-même un indicateur de diffusion.

Olga Granasztói

Olga Granasztói, née en 1971, a poursuivi ses études en langue et littérature hongroise et française à la Faculté des lettres de l’Université ELTE à Budapest, puis à l’Ecole doctorale de l’Université de Szeged en littérature française du 18e siècle. Elle a soutenu sa thèse doctorale en 2006.

Chercheuse spécialiste de l’histoire du livre, elle a organisé une exposition internationale à la Bibliothèque nationale Széchényi en 2007 intitulée « Les lectures dangereuses » sur l’illustration érotique dans la littérature française du 18e siècle. Sa thèse doctorale a été publiée en 2009 sous le même titre.

Depuis 2010 elle travaille dans le groupe de recherche consacré à la textologie de l’Académie des Sciences, qui est responsable de la nouvelle édition critique des auteurs hongrois du tournant du 18e siècle. Sa tâche est de rendre public les notes manuscrites de Ferenc Kazinczy, ce qui lui permet de mettre à profit sa culture livresque multilingue.

Soirée aminée par Marie-Françoise Saudraix-Vajda (Université Paris 4)


19 mars à 19h
Institut hongrois | 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Information : accueil@instituthongrois.fr | +33 1 43 26 06 44
Entrée libre 

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