Harmonia caelestis - Théâtre musical d’après Péter Esterházy
Mise en scène : David Marton

04/02/2011 0:00 - 07/02/2011 0:00

MC93 BOBIGNY, 1 boulevard Lénine 93000 Bobigny

Le théâtre MC93 BOBIGNY présentera du 4 au 7 février le spectacle musical de Dávid Márton d’après l’oeuvre de Péter Esterházy, Harmonia Caelestis. Nous publions à cette occasion un extrait de l’article paru sur le site de la radio Bartok (Bartók Rádió) lors de sa première viennoise.

La pièce mériterait d’être intitulée „collage” de musique et de texte, théâtre musical, concert familial, théâtre de chambre musical, performance artistique primitive, ou comme l’appellent les artistes eux-mêmes : projet théâtral - ou qui sait quoi encore. Au lieu de vaines tentatives pour déterminer son genre artistique, je vous inviterais plutôt à vous représenter un immeuble de marbre ajouré de l’époque de François-Joseph, orné d’un élégant escalier (…). L’ameublement : des cubes séparés de murs en verre faisant office de bureau, de buanderie et d’atelier, ainsi qu’un salon élégant, des cartons témoignant de nombreux déménagements, des toilettes et quatre lits de camps superposés. Intimité, ironie, ainsi qu’une impression d’espace sont les communs dénominateurs de ce dispositif dont Dávid Marton tire profit avec grande habileté.
 

Mais que se passe-t-il sur cette soit-disant scène? Les trois instrumentistes, ainsi que deux chanteurs et deux acteurs récitants, assortis d’un admirable Sängerknaben (un petit chanteur) jouent sans discontinuer, plus ou moins interrompus par une sélection de passages d’Harmonia Caelestis. Voilà donc pour ce qui allie à la fois un tableau historique, une histoire familiale, un drame universel, un panorama musical balayant trois siècles, du comique de situation, les éclats retentissants du cirque et le silence dramatique. Pour qui connaît le nom de Christoph Marthaler et son univers de mise en scène, l’association n’est pas fortuite. Si Marthaler fait plutôt du théâtre, alors que Marton fait de la musique, la différence est en réalité ténue. Ce qui importe, c’est le langage théâtral que désigne le nom de Marthaler, bien que le jeune metteur en scène prouve justement combien ce monde du théâtre est vaste, et qu’il est possible de créer à partir de lui une représentation indépendante du maître, autonome, légitime et parfaitement huilée.

(…)

La pièce fait défiler Haydn, Schubert, Mozart, Bartók et Verdi, ainsi que bien sûr Pál Esterházy, en une cavalcade colorée, un kaléidoscope musical – grâce aux trois instrumentistes et aux autres acteurs-chanteurs dont les instruments ont été adaptés, de manière toujours savoureuse et parfois incroyablement ironique. Ecouter le Lacrimosa du Requiem de Mozart avec, en contrepoint rythmique, les ronflements d’une femme, ou la fantaisie pour piano et violon en do majeur de Schubert avec ses variations sur le thème „Sei mir gegrüßt" („Je te salue”) en même temps qu’une scène de jalousie, déclenche irrésistiblement l’hilarité, sans que l’on soit, croyez-moi, effleuré une seule seconde d’un soupçon d’irrévérence du metteur en scène à l’égard de ces œuvres. Dávid Marton n’ironise pas sur les grands compositeurs, mais – tout comme Esterházy – sur nous, et sur lui-même.

Ce feu d’artifice scénique et musical, le jeu des acteurs, ne cherche pas à épuiser le genre, du point de vue de la vraie profondeur dramatique, et ce, tout à fait consciemment. En ce sens, le style de Dávid Marton – puisqu’il a sans aucun doute un style qui lui est propre – a bien des perspectives devant lui, espérons qu’il aille au bout de ses possibilités.

(…)

Par ailleurs, Peter Esterhàzy a lui aussi vu la représentation, et j’ai eu l’occasion de l’entendre faire une remarque sur ce qu’il en pense : „pour le dire tout bêtement, voilà, j’étais heureux”.

 
 

János Mácsai : "Harmonia Caelestis" nach Péter Esterházy
29 novembre 2009
www.mr3-bartok.hu

Traduction : Sophie Horvath


Représentations à la MC93 BOBIGNY
(1 boulevard Lénine 93000 Bobigny) :

Ven 4 FEV à 20 h 30
Dim 6 FEV à 15 h 30
Lun 7 FEV 2011 à 20 h 30

 

 

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