VÖRÖSMARTY, Mihály

1800, Pusztanyék – Pest, 1855

Vörösmarty est une très grande figure du romantisme hongrois. Né dans une famille de la noblesse catholique appauvrie, il gagne d’abord sa vie comme précepteur, tout en étudiant le droit à l’université de Pest. Alors qu’il écrit depuis l’âge de quinze ans, sa première oeuvre importante, publiée en 1825, connaît un succès retentissant : La Fuite de Zalán est une épopée en dix chants sur l’établissement des Hongrois dans la vallée du Danube au IXe siècle. D’autres poèmes épiques inspirés par divers épisodes de l’histoire nationale lui succèdent. Cette période de son oeuvre se clôt par un poème dramatique, féérique et philosophique, L’Histoire du prince Tchongor et de la fée Tünde (1831) dont la fantaisie rappelle celle de La Flûte enchantée de Mozart ou du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (dont Vörösmarty donnera d’ailleurs de remarquables traductions). Il occupe une place centrale et influente dans la vie culturelle de l’époque, en tant que membre de l’Académie et de cercles littéraires (Aurora par exemple), dirigeant également la revue Athenaeum. Ses poèmes et ses drames romantiques reflètent ses préoccupations politiques, à tel point que son Appel à la nation hongroise de 1837 deviendra, avec le poème de Kölcsey, un des hymnes patriotiques du pays. Partisan de Kossuth, il est élu député en 1848, et après l’écrasement du soulèvement, il doit se réfugier dans la clandestinité. Grâcié, mais brisé physiquement et moralement, il se retire sur ses terres et se débat dans d’amères difficultés matérielles. Atteint par la syphilis, il sombre lentement dans la folie. C’est alors qu’il écrit des poèmes visionnaires, d’un désespoir absolu, d’une profondeur tragique, et qui demeurent les plus beaux et les plus déchirants chefs d’oeuvre du romantisme hongrois.

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