TÉREY, János

1970, Debrecen

Dès la fin de ses études de hongrois et d’histoire en 1990, ses premiers poèmes paraissent dans l’hebdomadaire Élet és irodalom. Depuis, János Térey a publié une douzaine de livres, parmi lesquels le roman en vers Paulus (2001) et un poème dramatique en quatre parties, intitulé Résidence Niebelung (Niebelung-Lakópark, 2004) dont la troisième partie, traduite en français, a été mise en scène avec le théâtre Krétakör, par le réalisateur et metteur en scène Kornél Mundruczó, pour qui Térey avait auparavant écrit le livret d’un film-opéra présenté au festival de Cannes en 2005, Johanna. La réécriture de l’oeuvre de Wagner par Térey opère une transposition de l’Apocalypse dans la société de consommation et les sommets du crime organisé, de la bourse et des entreprises multinationales, en même temps qu’un retour à l’essentiel de la saga, véritable « hymne à la haine » à travers des représentations contemporaines de l’envie, de la jalousie, de la vengeance et de la trahison. S’attaquant dans sa poésie aux points
 névralgiques de l’histoire hongroise et européenne, « János Térey se constitue dans le présent en disloquant l’histoire et la géographie au travers de motifs de destruction autant que de construction, de la technique et du pouvoir » (Anna Bálint, Action Poétique, n° 187, 2007). Dans Paulus, représentatif d’une grande partie du travail de Térey, l’histoire avance sur trois niveaux de référence, à saint Paul, à Friedrich Paulus, le perdant de la bataille de Stalingrad en 1943 et à un hacker budapestois de la fin du XXe siècle. Le caractère encyclopédique et englobant de ce roman en vers ainsi que son organisation strophique doivent beaucoup à l’Eugène Oniéguine de Pouchkine, mais il évoque aussi, par sa structure en cercles concentriques, la Divine comédie de Dante. On y retrouve le « fétichisme de la ville » de Térey, son intérêt pour l’histoire autant que pour le contemporain (tant dans ce qu’il réfléchit de la langue actuelle que dans la prégnance du modèle informatique), « son ironie cinglante et son hypersensibilité » (Dóra Péczely), et surtout le perfectionnisme de son expression .

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