SZÉP, Ernő

1884, Huszt – 1953, Budapest

Fils d’instituteurs, il travaille très jeune comme journaliste, entre à la rédaction de Nyugat et devient un personnage de la vie artistique et nocturne de Budapest dans l’entre-deux-guerres. « Poète subtil et tendre de l’âme enfantine », il rencontre le succès avec ses romans et « ses pièces de théâtre, à la fois poétiques et burlesques où il met en scène un monde mi-rêvé, mi-réel » (L’O&il de la lettre, 1995). Sa prose moqueuse et nostalgique, comme dans Lila akac (1929), le rapproche des univers de Molnár ou de Krúdy. Dans ses chansons destinées au Cabaret Bonbonnière – que lui-même interpréta un temps – il épinglait de manière spirituelle la vie politique et artistique de l’époque. Il était également un excellent chroniqueur. Pendant la Première Guerre mondiale, il s’engagea comme infirmier puis reporter, exprimant de plus en plus ses positions pacifistes. Poètes des nuages et de la ville, il loge sur l’île Marguerite que, sous le coup des lois antijuives, il doit quitter en 1944 pour être interné dans le ghetto de Budapest, avant d’être envoyé en camps de travail, auxquels il survit miraculeusement. Jugé trop sentimental et considéré comme un poète mineur, c’est « après sa mort qu’on reconnaîtra en lui un artiste authentique à l’exquise sensibilité » (L. Gara). A la fin des années 1970, le poète Dezső Tandori fit revivre sa poésie.

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