SZABÓ, Lőrinc

1900, Miskolc – 1957, Budapest

Lőrinc Szabó se fait d’abord connaître par de remarquables traductions. Son premier recueil, Terre, forêt, Dieu (Föld, erdő, Isten, 1922) porte la marque de son maître et ami Mihály Babits, avec son inspiration bucolique teintée de mélancolie, le choix d’une versification à l’antique. Un an plus tard cependant, son nouveau recueil Kalibán est celui d’une révolte existentielle et poétique, d’une inspiration tournée radicalement vers des réalités plus urbaines mais aussi plus brutales. Dans les années 1930, deux recueils, Toi et le monde (Te meg a világ, 1932) et Paix séparée (Különbéke, 1936), dans lesquels se ressent l’influence de Schopenhauer et des philosophies orientales, marquent un nouveau tournant en termes de déception et de scepticisme, ainsi qu’un dépouillement toujours plus grand de l’écriture de
Lőrinc Szabó. Son dernier recueil, Chant du grillon (Tücsökzene, 1947) fait d’une certaine façon la synthèse de cette trajectoire poétique, qui s’achève l’année de la mort de Lőrinc Szabó avec La Vingt-sixième année (A huszonhatodik év, 1957), collier de cent vingt sonnets et tombeau à la mémoire de celle qui fut sa compagne pendant vingt-cinq ans.

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