SPIRÓ, György

1946, Budapest

Homme de théâtre (il fut notamment dramaturge-adaptateur au célèbre théâtre expérimental Csiky Gergely de Kaposvár) et écrivain prolifique, Spiró est d’abord un connaisseur polyglotte des cultures des nombreux pays voisins de la Hongrie. Il a ainsi écrit sur l’oeuvre de Miroslav Krleža, sur le théâtre en Europe centrale et traduit le dramaturge polonais Stanislaw Wyspianski, Gombrowicz et bien d’autres. C’est d’ailleurs en Pologne que se déroule l’intrigue de son roman Les Anonymes (Az ikszek, 1981)
qui lui valut un grand succès, et une interdiction de séjour dans ce pays. Ayant commencé à écrire très jeune, son oeuvre se développe dans tous les genres. Un recueil de ses poèmes a été publié en 1977 (Historia), et il est l’auteur de nouvelles et de romans. Dans ces derniers Spiró traite essentiellement des relations de l’individu à l’histoire. Le dernier Captivité (Fogság, 2005) suit sur quelque 800 pages considérablement documentées
et possiblement allégoriques les tribulations d’un jeune Juif à travers l’empire romain. C’est le théâtre de Spiró qui est le plus connu à l’étranger. Au-delà de Tête de poulet (Csirkefej, 1987) qui marqua la scène hongroise par la représentation d’un milieu clos, désespéré, et les éclats de sa langue brute, « la langue théâtrale de Spiró sonne juste : que ses personnages soient des êtres psychologiquement complexes ou des types, des symboles, qu’ils parlent en vers ou en prose, leur expression reste d’une parfaite oralité. Écritures romanesques et dramatiques finissent d’ailleurs par s’imbriquer. Sa prose, très travaillée, est incisive, articulée (...) Sa phrase recouvre une pensée implacablement rationnelle : grâce à l’ellipse, la linéarité débouche parfois sur le paradoxe, jamais sur l’ésotérisme ». (Eva Toulouze)

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