PETRI, György

1943, Budapest – 2000

György Petri fut une figure marquante de l’opposition qu’il
incarna dans sa personne et dans sa poésie. Celle-ci, officiellement considérée de 1975 à 1988 comme « politiquement inacceptable » fut essentiellement publiée en samizdat, et rééditée après sa mort, dans les années 2000. Lui-même joua un rôle très important dans la presse clandestine, notamment à travers la revue Beszélő. Petri s’était d’abord donné pour objectif d’en finir avec les rôles
que l’histoire a attribué au poète en Europe centrale, optant dès lors délibérément pour une écriture impersonnelle et antipoétique. Ses premiers recueils expriment la réduction à néant de tout espoir de changement après 1968 et l’absurdité de la situation politique centre-européenne, ainsi que l’ambivalence des intellectuels et des artistes, entre pathos et ironie. Son pessimisme se marque dans la rencontre grotesque des idées et de la réalité la plus prosaïque, le dégoût et l’amertume trouvant dans ses textes leur expression la plus crue et volontiers provocatrice, en guise de démonstration de l’importance de nommer les choses par leur nom – sans pour autant renoncer à de spirituels jeux sur la langue, ni à un humour minimal et extraordinairement grinçant. La poésie de Petri se polarise autour de sujets aussi existentiels que tabous dans la vie publique de l’époque : la politique, le corps, la mort, dans des formes dépouillées et des images que l’on peut dire, paradoxalement, d’une grande clarté.

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