MÓRICZ, Zsigmond

1879, Tiszacsécse – 1942, Budapest

Écrivain, il est le continuateur et le réformateur de la tradition des prosateurs réalistes du XIXe siècle, précurseur du courant littéraire dit populiste. Enfant de paysans calvinistes, Móricz étudie à Debrecen. Petit fonctionnaire puis journaliste, il participe entre 1903 et 1906 à plusieurs tournées de collectage de contes et de chants dans la région de Szatmár. Sa première
nouvelle, Hét krajcár (1908 : Sept sous) parue dans Nyugat le rend aussitôt célèbre. Reporter de guerre exprimant ses convictions pacifistes, il prend part avec enthousiasme aux révolutions de 1918-1919. Devenu co-rédacteur en chef de Nyugat de 1929 à 1933, il déploie une intense activité pour stimuler et faire connaître les jeunes talents littéraires, parcourant le pays et encourageant les mouvements naissants de démocratie paysanne. « Engagé au service de sa mission humanitaire, chacun de ses écrits peut être considéré comme un signal de détresse exhortant à la transformation fondamentale de son pays » (Antonia Fonyi). Marqué par le naturalisme à ses débuts, Móricz n’en garde finalement que « le refus de l’idéalisation, la cruauté des thèmes, le choix du vrai au détriment de l’agréable » (A. Fonyi). Ses récits deviennent de plus en plus resserrés sur un petit nombre de personnages, sur une prose qui concentre et stylise tournures de phrases et vocabulaire caractéristiques, dans une atmosphère qui se dramatise, proche des ballades folkloriques, comme dans Barbares (Barbárok, 1932).
Ses derniers textes sont des chefs-d’oeuvre de cette manière, tels Árvácska (1940), « où s’expriment en “psaumes” les malheurs d’une jeune orpheline » et, l’année de sa mort, l’évocation du célèbre brigand d’honneur, Rózsa Sándor összevonja a szemöldökét (1942).

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