MÉSZÖLY, Miklós

1921, Szekszárd – 2001, Budapest

Miklós Mészöly a marqué la prose hongroise contemporaine, qu’il a renouvelée en interrogeant radicalement ses enjeux et ses modalités, mais aussi toute sa génération par sa stature éthique d’écrivain ne renonçant jamais à la recherche de sens et cependant habité par la « hantise de l’absurde ». Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il déserte l’armée. Bientôt repris, il est
envoyé sur le front de Serbie dont il s’échappe et est fait prisonnier à plusieurs reprises. Alors qu’il avait étudié le droit avant la guerre, il exerce à l’issue de celle-ci divers métiers. A partir de 1956, il se consacre à l’écriture. Dès ses premiers recueils, Haute école (Magasiskola, 1956) et Signes obscurs (Sötét jelek, 1957), les éléments de l’écriture concentrée de Mészöly sont en place, avec des nouvelles à la composition rigoureuse, dans lesquelles le contenu du récit est bien souvent impliqué par les coordonnées de l’espace et du temps représentés. Dans son roman Saulus (1968, trad. en français sous le titre Saul ou la porte des brebis, 1971), « drame de la passion de comprendre », la concentration sémantique de la parabole provient paradoxalement de la précision objective de l’écriture de Mészöly. Il ne cesse d’expérimenter les modes de la perception et de la représentation, comme dans Film en 1976, mais aussi dans des fragments philosophiques sur l’art, qui seront plus tard rassemblés en recueils. En 1989, dans Volt egyszer egy Közép-Európa (Il était une fois une Europe centrale), tout un continent virtuel prend formes à l’évocation de segments de l’histoire hongroise, mais aussi des multiples histoires entremêlées des familles et des trajectoires individuelles.

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