LÁZÁR, Ervin

1936, Budapest – 2006

Écrivain subtil et drôle, Ervin Lázár reprend dans ses livres pour la jeunesse tous les codes des contes classiques pour mieux les détourner : si les fées restent merveilleusement belles, les rois ne se montrent ni très forts ni très malins, tandis que les petites sorcières se révèlent plus sensibles que l’on pourrait croire. Fondant la réalité et le rêve en une seule entité naturelle, il suit dans la construction de ses récits comme dans son rapport à la langue la logique des enfants. Ses jeux de mots volontiers bizarres, ses idées tendant à l’absurde et sa fantaisie débridée en font en même temps un auteur très apprécié des adultes. Il a également écrit pour ces derniers des recueils de nouvelles que la critique a rattaché aux manifestations du réalisme magique, et dont les éléments du conte ne sont pas absents. C’est le cas du recueil intitulé Csillagmajor (1996) qui évoque le monde du village et de l’enfance de l’auteur, où circulent l’ange, le diable ainsi que d’autres curieux personnages et que l’écriture, l’invention poétique (notamment dans le jeu sur les noms propres) perpétuent et transfigurent.

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