KRÚDY, Gyula

1878, Nyíregyháza – 1933, Budapest

Écrivain majeur du XXe siècle, sans appartenir véritablement au cercle de Nyugat ni à aucune école de la modernité, l’oeuvre de Krúdy marque une étape importante dans l’histoire de la littérature hongroise.
Issu de la petite noblesse provinciale (son père était un aristocrate désargenté et sa mère une servante, fille de paysans pauvres), Gyula Krúdy appartient au monde de la campagne – où retournent régulièrement ses personnages – autant qu’à celui de la capitale, dont il habita intensément tous les cercles, et qu’il décrivit dans ses livres. Très jeune, il commence à publier et monte à Budapest où, déshérité par son père, il mène une vie de bohème, personnage déjà mythifié par ses contemporains : fêtard turbulent, joueur prodigue, fin gourmet et don Juan désabusé. Grand seigneur extravagant toujours à court d’argent, il écrit énormément (en partie sous divers noms de plumes), autant par goût 124 que par nécessité. Il meurt à cinquante-cinq ans, pauvre et à bout de forces, ayant publié quatre-vingt-six romans et plus de deux mille nouvelles. Il est l’auteur d’une prose lyrique, unie, au-delà de la diversité de ses sujets et des andecdotes, par des figures de narrateurs alter ego de l’écrivain (le fameux Sindbad), par l’image d’un monde suranné et disparaissant, enfin par la marque d’un style que caractérisent une phrase longue et rythmée, la notation impressionniste des atmosphères, un réalisme teinté de        magie, et de subtils jeux temporels.

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