JÓZSEF, Attila

1905, Budapest – 1937, Balatonszárszó

Attila József est un des poètes hongrois les plus marquants du XXe siècle, dont la poésie incarne tous les déchirements. Après une enfance marquée par la pauvreté, orphelin à quatorze ans, il essaie de mener à bien ses études dans des conditions difficiles, jusqu’à son exclusion de l’université à cause de son poème Coeur pur. Il exerce différents métiers puis obtient une bourse d’étude d’un an à Paris en 1926-1927 (où, à défaut d’obtenir la reconnaissance espérée de ses contemporains surréalistes français, il « rencontre » Villon). Son cheminement intellectuel et poétique le rapproche des populistes, puis de l’avant-garde et du communisme clandestin, mouvement
dont il sera exclu pour avoir voulu réconcilier freudisme et marxisme. Très isolé pendant un temps, il fonde la revue Szép Szó avec quelques amis (Pál Ignotus, Ferenc Fejtő), demeure actif dans les réseaux antifascistes et trouve sa place dans la vie intellectuelle et littéraire pour une courte période, régulièrement interrompue par des crises et des soins, jusqu’à son suicide en 1937. Réhabilité après 1945, le parti communiste a voulu en faire un poète officiel, occultant toute une partie de son oeuvre abondante et irréductible à quelque école que ce soit. Dès les années 1980 cependant, les jeunes se sont réapproprié cette figure frondeuse, l’authenticité et la radicalité de son attitude intellectuelle et poétique, son oeuvre à la fois populaire et exigeante, musicale et abstraite, vive et grave. On a notamment redécouvert dans les années 1990 et 2000
les dimensions psychanalytiques et philosophiques de sa poésie.

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