BABITS, Mihály

1883, Szekszárd – 1941, Budapest

Connu pour ses traductions des grandes œuvres de la littérature (Dante, Shakespeare, Poe, Baudelaire, etc.) et pour sa célèbre Histoire de la littérature européenne, Mihály Babits, écrivain et poète, grand lettré humaniste, fut une figure centrale de la vie littéraire et intellectuelle de la première moitié du XXe siècle, au cours de laquelle, « face au vitalisme d’Endre Ady, il propose l’idéal de perfection de l’homme de lettres ».
D’abord professeur dans le secondaire, Mihály Babits obtint une chaire à l’Université pendant la République des Conseils de 1919, dont il fut chassé après la chute de cette dernière. Il vit retiré pendant plusieurs années jusqu’à ce que son effacement cède face à la menace réactionnaire et militariste, et qu’il s’engage de nouveau dans la vie littéraire, devenant l’un des plus importants porte-parole du pacifisme hongrois. Il joue un rôle majeur dans l’animation de la revue Nyugat, qu’il dirige à partir de 1929, et qui s’arrête définitivement l’année de sa mort, en 1941. « Plaçant les mots selon l’ordre impeccable / Que veut l’esprit », Babits tend dans sa poésie à un « lyrisme objetctif », à un nouveau classicisme compris comme la synthèse de la psychologie moderne et de la raison éternelle. Son discours poétique se dépouille de l’extrême musicalité de ses débuts pour mieux exprimer le drame intense de la conscience. Le Livre de Jonas (1940), ultime prière, bilan introspectif et appel angoissé contre la guerre, inaugure aussi un genre de récit symbolique et poétique que les disciples de Babits perpétueront. S’il s’attache dans sa prose romanesque à la description de différents milieux, la modernité de celle-ci tient surtout à l’illustration subjective des recherches récentes de la psychanalyse et des déchirements intimes de la personnalité, avec notamment ce Calife-Cigogne de 1913.
 

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